Face aux jolis novillos de Turquay
Photo et CR : Laurent Bernède pour vuelta
Journée importante pour les « petits gris » de la ganaderia Turquay, venue des Alpilles (Bouche du Rhône) pour faire lidier une novillada complète à la « Monumental des Pins » de Roquefort, inaugurées en 1951 y a donc 75 ans !
Crée en1978, ça reste une ganaderia jeune en pleine construction, déjà venu à Roquefort en non-piquée à 5 reprises, qui nous a proposé un lot complet de Santacolomas d’origine Pablo Mayoral (depuis 1997), mais rafraichit à partir de 2015 via le fer de Buendia, une des rares ganadérias Françaises à ne pas proposer du bétail d’origine Domecq.
C’est donc dans cet esprit-là qu’il était important d’apprécier et de comprendre cette course dans l’esprit de la tradition Toriste de cette arène.
Le lot était composé de 6 novillos, bien dans le type de l’encaste, avec des robes magnifiques (mention au 3), limpios d’armures, bien présentés, sans exagération mais qui imposaient le respect. 2 novillos plus charpentés applaudis à leur entrée en piste, le 3 et le 5, deux autres qui manquaient un peu de trapio le 2nd et 4ième.
Au moral, le fond de race est indéniable, tous gueule fermée jusqu’à la mort. Mais des signes de faiblesse à la sortie de la 1ere pique avec quelques génuflexions, qui ont amené les novilleros à demander le cambio du tiers dès cette 1ere puya (parfois bien poussée) ! Demande systématiquement acceptée par le Président Denis Labarthe. Excepté le 6ième qui pris 2 puyas assez quelconque.
6 novillos, 7 piques donc…Nous ne sommes pas habitué à cela dans cette plaza !
Le fond de race étant là, durant les faenas (trop longues le plus souvent) la caste des novillos a compensé ces signes de faiblesse, avec de la mobilité le 2, 3, 5 et du piquant ! Notamment le 1er, qui fut compliqué, se retournant illico, ne pardonnant pas grand-chose, et qui aurait largement mérité une 2nde puya, mais…
C’est un regret ils n’aient pas eu l’opportunité de s’exprimer sous une autre pique, ne serais ce que pour voir comment ils auraient réagi…la puya peut être levé rapidement. 1er point c est pédagogique pour le public et 2nd point c est instructif pour l’éleveur.
L’excuse de la faiblesse pour la mono pique est une erreur ou un faux problème. Cela fait parti de la lidia de permettre au Toro de s’exprimer au 1er tiers, en le gérant et dosant les piques.
« Clément Hargous », né à Bordeaux y a 27 ans a débuté en piquée en 2024, avec seulement 2 contrats en 2025, 4 en 2026 a fait preuve de beaucoup d’entrega. Posant à ses novillos les banderilles avec oficio, il amené de l’alegria dans le ruedo. Confronté au difficile et piquant1er, auquel il a manqué une pique (!) il fut méritant pour parvenir à sortir une série de naturelles aidées de bon tempo, cogido au 1er estoc de façon impressionnante. Son engagement à l’épée sur ces 2 novillos est à noter, preuve de sa sincérité et pundonor. Ce qui lui valut de couper l’unique oreille de la tarde au 4ième après une faena certes en dessous des qualités du novillo encasté avec de la fixité et mobilité sur les 2 cornes.
« Jorge Hurtado » issue de l’ET de Badajoz, 19 ans a débuté en piquée en avril 2025, 5 paséos cette temporada, avec 1 oreille coupée à Madrid ce mois de juillet. Habitué à lidié du Santa Coloma, en tientant régulièrement chez San Martin, son oncle en étant le propriétaire, il a été le plus en vue à son 1er novillo, bien au capote en gagnant le centre, intéressant à la muleta, parfois bien centré, avec une certaine planta…l’estocade au 2nd essai et des difficultés au descabello, ont limité sa prestation à un salut. Il fut moins en vue au superbe 5ieme, beaucoup de passes qui ne pèsent pas et ne transmettent pas, avec des épées peu engagées à 3 reprises (silence)
Le Mexicain, « Santiago Lopez Ortega », 21 ans a débuté en piquée en août 2025, 4 paséos cette saison à ce jour mais finaliste du circuit des novilladas de Madrid en juillet 2026. De la volonté sans parvenir à marquer les esprits, à son 1er qui était un peu tardo et manquait de vibrazo dans son embestida, la faena fut essentiellement droitière (salut) et au 6ième le bajonazo de catégorie certes involontaire a terni une faena avec beaucoup de passes sans réel dominio (silence)
Un bilan certes mitigé, mais qui permettra à l’éleveur Emmanuel Turquay de continuer son travail de sélection avec sérénité et espoir… à suivre avec intérêt.
Clément Hargous : Salut, oreille
Jorge Hurtado : salut, silence
Lopez Ortega : salut, silence
Une petite ½ arène présente, bien trop peu pour que l’organisation Roquefortoise puisse entrevoir l’avenir avec sérénité. C’est fort dommage, car le berceau de la tauromachie se trouve dans de telles arènes à l’aficion intègre.





