Vuelta pour Castaño et Montero.
Compte rendu : Jean Charles Olvera (Opinionytoros pour vuelta)
Un dicton taurin espagnol bien connu dit, à propos des corridas attendues pour leurs cartels intéressants : « Corrida de expectación, corrida de decepción ». Et de l’expectación et de l’attente, il y en avait pour la corrida des fêtes à Orthez, et même beaucoup : la présence de 3 toros de Dolorès Aguirre et de Francisco Montero, en souvenir du combat de « Yegüizo » la temporada passée dans ce même sable, les 3 autres toros annoncés de Raso de Portillo, encaste Santa Coloma, considérée comme la plus ancienne ganadéria espagnole, et la compagnie des deux autres matadors, Damian Castaño devenu incontournable des corridas dures et celle de Cristian Pérez, la dernière révélation de Las Ventas, où coupa une oreille et donna deux vueltas cette saison, devant des Dolores Aguirre déjà et des Valdedresno.
Et l’expectación du début termina non par la déception du dicton mais par une sorte de demie frustration, comme si nous n’avions vu que deux demies corridas et pas une course complète. La fausse bonne idée de confronter les deux prestigieux élevages (3 premiers Raso et 3 derniers Dolores), s’imposa à l’empresa en raison du manque de toros des Dolores pour obtenir un lot complet. Une nouvelle combinaison Raso/Dolores qui respectait, certes, l’identité torista d’Orthez, mais qui enlevait la possibilité de voir les trois matadors à égalité de chances avec un lot complet et d’observer aussi l’état de la ganadería sur six toros. Du coup à Orthez ce dimanche en fin de tarde après près de 3 heures de course, tout un chacun, couvrant 4/5 d’arènes, sortait un peu déboussolé avec un goût d’inachevé.
Il n’en demeura pas moins que la corrida fut entretenue : il y eut près d’une vingtaine de piques, avec une bravoure parfois relative, aucun toro ne sortant vraiment du lot, Juan Antonio ‘Titi’ Agudo recevant le prix au meilleur picador au 3e et Gabin Rehabi étant ovationné au 5e, montant les chevaux, de luxe, de la cuadra de Bonijol.
Les toros au trapio spectaculaire, notamment pour les 3 Dolores dignes d’une plaza de 1ère, bien que feo de cara le 3e, sortirent escobillés (3, 5 et 6) après incidents aux chiqueros. Muleta en main, les Raso auront gagné la partie, plus mobiles que les Dolores.
Devant ces bichos, Damián Castaño (vuelta et salut au tiers après avis) est celui qui s’en tira le mieux, notamment avec son Dolorès Aguirre, qu’il toréa montera en tête, avec les meilleures séries, de derechazos, de la course. Il conserve tout son crédit auprès de l’aficion torista qui a hâte de le voir à Bilbao le 25 août prochain face à un lot complet de Dolores Aguirre en mano a mano avec Antonio Ferrera.
Francisco Montero (salut après deux avis et vuelta avec division d’opinion après avis), est le bien-aimé de cette arène où il prit l’alternative il y a 4 ans déjà. Il reçut une ovation discrète peu avant la sortie de son Raso, par ceux qui honoraient son combat passé avec « Yegüizo ». Ce fut une autre histoire pour le reste. Nous retiendrons sa réception originale capote en mano à son Raso à ras du toril, qui lui valut le prix au meilleur geste taurin de la tarde, et son épée habile, un genou à terre avant de s’élancer face au Dolorès qui avait du sentido et cherchait le torero derrière la muleta, un toro qui avait abdiqué rapidement face à l’insistance de Montero, si ce n’est pour défendre sa querencia en tablas.
Le dernier du trio, Cristian Pérez (silence après deux avis et silence) se présentait en France et eut la malchance de tomber sur le mauvais lot. Il ne sut pas prendre le rythme hiératique du Raso, ayant des difficultés à baisser la main et douta avec le Dolores qui fermait le ban, se souvenant sans doute de son passage à Madrid le 29 mars dernier lors de sa confirmation d’alternative conclue par une grave blessure. Il termina en tirant de méritoires passes en réglant le port de tête de l’un des rares bichos à ne pas être ovationné à l’arrastre.
Au final, expectación mais pas déception, juste une demie frustration, sans un nouveau Yegüizo pour faire durer le mythe. Malgré cela, l’afición torista française et espagnole, nombreuse hier, reviendra à Orthez sans hésiter, en espérant aussi que Mont-de-Marsan ne remonte pas un cartel similaire à la même date, comme hier avec les Victorinos.
