Intéressante tarde de toros. GALERIE PHOTOS
La corrida dites « des promesses » a tenu le public en haleine avec cinq toreros montrant l’envie de se distinguer et un lot de toros d’Arauz de Robles donnant de l’intérêt avec de la caste et du piquant. La tarde fut marquée par le sang et la grave blessure de Juan de Castilla face au premier toro de la tarde qui nécessita une interruption de la course durant 25min afin de l’évacuer à l’hôpital pour une longue opération. Il eut le courage de coucher son adversaire d’une belle épée avec la jambe en sang et partit dignement en marchant à l’infirmerie où fut diagnostiqué une forte cornada de deux trajectoires 25cm et 10 cm derrière la cuisse près de la fesse et une blessure proche de l’anus. Le public participait aussi à la tarde en votant pour le torero de leur choix pour affronter le dernier toro de la soirée. C’est Fernando Molina qui fut élu. Et ce ne fut pas un cadeau. Il reçut lui aussi une impressionnante voltereta en descallant et fut évacué à l’infirmerie. Les médecins reçurent également le picador de Molina avec une suspicion de fracture du scaphoïde. Une vraie tarde de toros avec des toros, des toreros, de l’émotion et de la dramaturgie. Tous auraient pu couper une oreille au minimum si les épées avaient été concluantes. Présidence : Bertrand Adoue. 3/4 d’arènes et quelques gouttes de pluie.
Les toros d’Arauz de Robles bien présentés, ont fait le job sous le fer avec de la bagarre et bousculant la cavalerie. Par la suite, ils furent exigeants, jamais naifs et mettant à l’épreuve les jeunes toreros qui ont su faire face. Meilleur le second, troisième et quatrième. L’ultime, un toro réserviste de Madrid plus massif et avisé fut le moins intéressant.
Juan de Castilla (1 oreille avec blessure) accueillit son opposant avec des véroniques rythmées dans lesquelles le toro répéta avec vivacité. Après deux piques légères, le colombien débuta à genoux au centre et lia une belle série de derechazos. Il fut volontaire mais la faena alla a menos puis reçut une forte cornada. Saignant abondamment, il souhaita continuer et coucha son adversaire d’une belle épée avant de regagner l’infirmerie à pied. La cuadrilla lui porta l’oreille récoltée.
Rafael Serna (vuelta après avis) affronta un exemplaire qui s’employa à la première pique et qui fit chuter l’équipage. Le torero né à Séville livra une faena autoritaire face à un toro encasté et exigeant. Il servit de bons passages à tribord et finira par des naturelles de la main droite, sans épée. Il perdit le fruit de son travail avec les aciers mais aurait sans doute mérité d’être sélectionné pour affronter le dernier toro.
Dorian Canton (vuelta après avis) se distingua cape en main et amena le toro face à la cavalerie par une belle série de chicuelinas marchées. Le toro s’employa peu au cheval. Le béarnais débuta contre les planches. Il profita de la noblesse de l’Arauz pour lier de bonnes séquences mais la faena alla a menos avec un manque de transmission. L’épée le priva lui aussi d’un trophée.
Fernando Molina (vuelta) hérita d’un bon exemplaire qui s’employa sous la pique appuyée. Molina montra de l’envie mais ses muletazos certes autoritaires furent brusques et distants. On ne peut lui enlever sa motivation mais son combat resta trop sur les bordures. Echec à l’épée. Il sera néanmoins élu par le public pour affronter le dernier toro de la soirée.
Victor Hernandez (vuelta après avis) affronta lui un adversaire plutôt fade. Il distilla de belles naturelles avec temple et personnalité mais le tout manqua de transmission. Faena essentiellement gauchère avec de la profondeur. L’entière fut longue d’effet.
Fernando Molina (blessure) désigné par le public affronta un lourd et imposant toro, réserviste de Madrid et qui réfléchit beaucoup et resta avisé et sans option. Molina abrégea mais reçut une forte voltereta lors de porter le coup de descabello. Evacué à l’infirmerie, c’est Rafael Serna qui coucha l’animal.