Noticias : Ana Maria Romero, Présidente des arènes de Malaga indésirable ?

Communiqué de la fédération des sociétés taurines
arène de Malaga

Qui est Ana María Romero Fernández et que lui arrive-t-il ?

La malaguène et journaliste, Anna María Romero, est depuis 2007, suite à la modification du règlement taurin andalou de 2006, la première femme autorisée, en sa qualité d’aficionada à la compétence reconnue, à présider dans les arènes de Malaga. Auparavant, seuls, des fonctionnaires de police étaient requis pour assumer cette fonction. Précisons que la plaza de Malaga qui était de 2e catégorie est, depuis 2006, de 1re . Depuis sa désignation, Ana María Romero, assure ses présidences à la satisfaction des publics qui fréquentent la Malagueta.

Ana Maria Romero

Mais voici que des associations de professionnels et d’organisateurs taurins demandent aujourd’hui sa récusation. Cette demande est signée par :

• Juan Diego Vicente pour la Unión de Toreros (UT) (qui regroupe toutes les figuras du sommet de l’ecalafón).

• Simon Casas pour la Asociación Nacional de Organizadores de Espectáculos Taurinos (ANOET).

• David Prados pour la Unión Nacional de Picadores y Banderilleros Españoles (UNPBE).

• Luis Rodríguez Mellado pour la Asociación Nacional de Mozos de Espada (ASNAME).

Cet évènement ne manque pas de provoquer remous et exégèses dans le monde taurin espagnol, par exemple l’article de Carlos Criwell publié dans « El Mundo » le 3 août dernier.

En résumé, d’après cet article, le document qui produit la demande de récusation a été signé le 25 juin dernier, enregistré le 18 juillet dans le registro de Instituciones Penitenciarias, dépendant du ministère de l’Intérieur et non par un service de celui de la Culture comme il eut été logique.

Carlos Criwell dit avoir eu connaissance de ce document. Il en expose l’argumentation qu’y produisent les demandeurs.

Ils prétendent avoir reçu, au cours de ces dernières années, des plaintes de leurs différents affiliés, provoquées par la manière dont Ana María Romero exerce sa charge de présidente, ainsi :

• Elle refuse trop de taureaux lors de l’examen préalable. Le nombre de taureaux refusés par son équipe serait supérieur aux nombres de ceux qui sont refusés par d’autres présidences. (Remarquons qu’aucune association de ganaderos ne s’est jointe à la plainte).

• Elle fait preuve de malveillance envers les toreros, en particulier les figures. (Sous-entendu, elle leur refuse trop d’oreilles.)

• Le fait qu’elle exerce aussi une activité de critique taurin et participe à des tertulias la met en situation de conflit d’intérêt avec sa fonction de présidente, situation aggravée par des liens familiaux avec des personnes actives dans des medias taurins. Ces liens familiaux pouvant influencer ses décisions. (Ici les signataires font allusion, sans avoir le courage de les nommer, aux deux frères d’Ana María, Enrique Romero et Juan Ramón Romero, intervenant tous deux sur Canal Sur.)

Pour ces motifs, s’appuyant sur l’article 20 du Règlement Taurin de l’Andalousie, les quatre associations signataires demandent la récusation d’Ana María Romero comme présidente. Carlos Criwell poursuit par des considérations favorables à Ana María Romero et fait ressortir que les empresas et professionnels taurins ne se sont jamais résignés à admettre que l’arène de Malaga est depuis 2006 de 1re catégorie et que ses présidents devaient se conformer à l’exigence correspondante.

Pour nous, aficionados français, Ana María Romero est à féliciter et nous tournons tous les reproches qui lui sont faits en compliments :

• Refuser des taureaux qui ne présentent pas une intégrité suffisante est ce que nous réclamons sans désemparer et dont nous lui savons gré de le faire à Malaga.

• Accorder des trophées qui présentent une réelle signification n’équivaut pas à désobliger les toreros mais, au contraire à reconnaître et sublimer leurs mérites. Bavo à Ana María de ne pas accorder de médiocres oreilles de complaisance mais de valorisantes distinctions !

• Être aficionada savante, donner ses opinions dans des tertulias, signer des critiques taurines, n’est pas incompatible avec la fonction de président. S’il en était ainsi beaucoup de nos présidents français seraient aussi à récuser. La compétence, l’exigence, sont des qualiés que nous reconnaissons à Madame Ana María Romero et que nous attendons de tous nos présidents.

• Prétendre quelle est soumise à l’opinion de ses frères, parce qu’ils sont des journalistes taurins, est une absurdité et une ignominie. Nous ne pouvons qu’être heureux d’apprendre qu’Ana María Romero appartient à une famille riche de bons et honnêtes aficionados a los toros.

Vient la distinction entre les arènes de première catégorie et les autres. Ici, il conviendrait de se montrer plus humble. En réalité, il ne reste, en Espagne, qu’une seule arène de première catégorie, Madrid, mais jusqu’à quand ? Qu’en est-t-il, aujourd’hui, des autres capitales provinciales ? Voir sur notre forum, à titre de réponse, le récent post de notre vice-président, Bernard Desvignes, au retour de Bilbao. Le résultat est contraire à ce qu’attendent nos empresas de leurs incessantes édulcorations, leurs arènes se vident.

Si Ana María Romero, était interdite à Malaga, nous l‘inviterions bien volontiers à présider dans des arènes françaises, sans doute peu nombreuses, mais dignes de cet honneur. Dans ces arènes, inimaginables en Espagne parce qu’administrées par des aficionados, Vic-Fezensac, arène de 1re catégorie, Céret, de 2me, petites arènes de 3 me catégorie, où le seul objectif est l’authenticité de la fiesta, Parentis-en-Born, Roquefort des Landes, Saint Martin de Crau, Carcassonne…, il y en a d’autres… Arènes mal aimées de ce même consortium taurin qui sévit tant en Espagne qu’ici, mais chéries de nous-mêmes, aficionados français, exigeants amoureux de notre sublime fiesta brava espagnole.

Il faut savoir qu’Ana María Romero a avoué sa surprise mais a déclaré avec panache que, si elle restait présidente, elle continuerait à suivre la même conduite, ajoutant « Les taurins n’accepent pas que Malaga soit de première et, encore moins, qu’une femme s’applique à leur faire respecter le règlement. » ¡Olé!

Cette affaire a provoqué, au moins, une salutaire réaction en Espagne, celle de nos amis de la Asociación Nacional de Presidentes de Plazas de Toros de España (ANPTE), dans sa composante andalouse, dont, pourtant, Ana María Romero n’est pas membre. Ils ont publié le communiqué suivant, probablement daté des premiers jours d’août :

La sección de Andalucía de la Asociación Nacional de Presidentes de Plazas de Toros de España, ANPTE, quiere mostrar su total desaprobación ante el comunicado de distintas asociaciones, solicitando la recusación de la Presidenta de la Plaza de Toros de Málaga, Doña Ana María Romero.

No es comprensible que se pretenda sustituir a una presidenta de Plaza de primera por hacer lo que expresamente la encomienda el Reglamento, esto es, exigir la presencia de un toro acorde con la categoría de la plaza y conceder los trofeos según dicha categoría. Mal futuro tiene la Fiesta si la aplicación del Reglamento se entiende como animadversión a un torero o a un ganadero.

Il reste à espérer d’autres réactions.

Pour la FSTF, Jean-Jacques Dhomps

 

 

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